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Dernier édito de Serge Ricaud

Là où il y a une connaissance, il y a également une ignorance, voire une hostilité.

 

Méditation du 07 Juillet 2024

 

Sagesse et mépris du prophète

     Lorsqu’on ouvre les évangiles, on est obligé de prendre en compte les contradictions et de rester au moins perplexe devant ce qui semble incompréhensible. Jésus vient annoncer une réalité qui est cachée à la plupart de ceux qui se pressent autour de lui. Les exemples pullulent de ce constat : les disciples que, pourtant, Jésus a formé durant un bon moment, sont encore dans l’incompréhension à la veille de sa mort. Comment recevoir ce qui est annoncé, avec toute sa capacité d’accueil, et en vue d’une découverte majeure : qui est Dieu, le Dieu de Jésus-Christ ? Chez les siens qui l’ont pourtant vu grandir, être familier avec eux, prier et vivre tout simplement, il y a comme une surprise de l’entendre enseigner. On sait qu’il est le charpentier, le fils de Marie ; on connaît sa famille et les siens.

   N’est-ce pas, notons-le ici, une expérience que tous les hommes font un jour ou l’autre : les proches, la famille, les siens sont souvent mal connus. On se dit « je suis de la même pâte, je connais les réflexes, les traits des miens ». Cette connaissance empêche souvent de voir des aspects de l’autre qu’on ne soupçonne pas. Au fond, le savoir, et aussi le savoir-faire sont à la fois utiles et obstacles pour grandir en proximité. Par exemple, dans le ministère presbytéral, on a appris avec la formation et l’expérience, à se situer, à accomplir des choses au nom de l’Évangile, à aborder ceux qui nous sont confiés. Et pourtant cette connaissance ne suffit pas tant le mystère de chaque personne est épais. N’est-ce pas ce qui se passe dans ce que décrit saint Marc à propos de Jésus chez les siens, et la remarque de Jésus vient le confirmer : « un prophète(quelqu’un qui parle pour Dieu), n’est méprisé que dans son pays, sa parenté, sa maison » ; en d’autres termes, là où il y a une connaissance, il y a également une ignorance, voire une hostilité. Cela devrait suffire pour nous mettre en garde lorsque nous lisons les évangiles. Scruter ainsi l’Ecriture pour y découvrir ce que l’Esprit de Dieu nous y révèle, est la tâche de tout baptisé, et pourtant nous n’y consacrons pas beaucoup de temps et d’énergie, nous arrêtant au constat de départ : je ne comprends pas. Un psaume (80) s’exprime ainsi : « j’entends un langage inconnu : du fardeau, j’ai déchargé son épaule… dans l’oppression tu as crié, je t’ai sauvé ». Consentir à n’entendre qu’un langage inconnu est un préalable à l’écoute de la Parole dans l’Évangile

                                                                             Serge Ricaud

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